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  • Antoine MARTINEZ

LES MYTHES DE LA NUTRITION

LE DEFICIT CALORIQUE PART 1

La gestion du poids c’est un peu plus compliqué que de calculer le « déficit calorique ».

« On n’apprend pas à un vieux singe à faire la grimace. » Même si ce cliché éculé reste hautement discutable. L’idée générale est qu’il est difficile de se défaire de ses vieilles habitudes pour en adopter de nouvelles. Le même principe s’applique aux idées. On a tendance à s’accrocher à ses vieilles idées. Et à rejeter toutes celles qui remettent en question notre paradigme de pensée. Pour beaucoup, compter les calories pour perdre du poids semble faire partie de ces vieilles idées qui résiste au changement. Même si les dernières recherches prouvent que cette idée n’est ni validée par la science, ni efficace. Malheureusement, les individus en plus grand surpoids sont souvent ceux qui s’accrochent le plus fermement à l’idée de calculer les calories. Malgré la frustration et les échecs que cette méthode engendre. L’idée de consommer plus de calories lorsqu’on tente de perdre du poids reste effrayante.

Combien de fois nous sommes nous rendus compte, en examinant les journaux alimentaires de nos clients, d’une tendance chez les plus obèses à consommer le moins de calories par repas ? De nos jours, on a désespérément besoin de savoir gérer son poids si on veut endiguer les risques santé associés. Il est donc crucial de rééduquer les patients et expliquer que la relation entre calories et perte de poids est inexistante.

Il est crucial d’apprendre aux patients à reconnaitre les différences. Et distinguer l’impact qu’ont les protéines, lipides et glucides sur le métabolisme et la gestion du poids. Si on veut pouvoir les aider à abandonner l’idée vieillie que seules les calories comptent en matière de perte de poids.


Les calories des protéines

En termes de calories, les protéines sont l’équivalent énergétique des glucides. En revanche, à l’inverse des glucides, elles influencent le métabolisme et la satiété en faveur de la perte de poids. Il est rare que les protéines soient brûlées à des fins énergétiques, sauf en cas de carence énergétique. Les acides aminés ont plutôt un effet anabolique. Ils favorisent à la fois la construction et le maintient de la masse sèche ainsi que du métabolisme de base, en privilégiant l’utilisation des acides gras comme combustible énergétique. Les patients doivent comprendre que le tissu musculaire présente une contrainte métabolique. La préservation et la construction de la masse sèche sont donc d’une importance capitale dans l’optique d’une perte de poids permanente.

La majorité des régimes hypocaloriques obligent l’organisme à utiliser les réserves protéiques afin de produire de l’énergie. Ce faisant la masse maigre diminue, les dépenses énergétiques et le métabolisme sont également réduits. La perte de gras est minime lorsque les demandes métaboliques diminuent. La perte de poids devient laborieuse. Ou bien on tombe dans la frustration à cause l’effet yo-yo qui fait reprendre les kilos perdus, une fois revenu à un régime normal.

La consommation de protéine est non seulement favorable à la perte de poids, mais elle joue également un rôle important dans la gestion du poids sur le long terme. On a démontré que les protéines alimentaires produisent, à calories égales, une sensation de satiété supérieure en comparaison aux glucides ou aux lipides. Ceci va non seulement éviter de manger en trop grande quantité. Mais aussi limiter les fringales qui peuvent pousser certains vers les en-cas à base de glucides qui sont source de prise de poids. De plus, les protéines stimulent la thermogénèse, ce qui permet, grâce à une intervention alimentaire, de dépenser plus d’énergie. Enfin, les protéines ont un effet protecteur et évitent les déséquilibres du microbiote, déséquilibres qui contribuent, sur le long terme, aux envies sucrées et à la prise de poids.


Les calories des lipides

Au cours des dernières décennies, les lipides ont été le groupe alimentaire le plus critiqué. Le résultat: une population obèse et mal informée. L’engouement pour les régimes pauvres en lipides a conduit, inévitablement, au plus haut pic d’obésité jamais constaté. C’est facilement explicable puisque les lipides jusqu’alors présents dans les aliments ont été remplacés par des glucides dans les produits équivalents en versions allégées ou sans lipides. La consommation de glucides a, de fait, augmenté drastiquement. Ce qui nous amène à la présente épidémie d’obésité. Si les lipides alimentaires avaient été coupables, notre nation aurait assisté à une résurgence de l’obésité bien plus tôt. C’est sans surprise que les résultats d’un examen systématique et une méta analyse des effets des régimes pauvres en lipides versus les autres interventions alimentaires pour la perte de poids, n’ont pas validé l’efficacité des régimes pauvres en lipides pour une perte de poids durable.

Au contraire, de nombreuses études examinant les effets des régimes cétogène et Paléolithique ont révélé une amélioration significative et durable. Ces protocoles alimentaires sont naturellement riches en protéines et en lipides, et pauvres en glucides. Les régimes riches en lipides favorisent nettement la satiété tout comme les régimes riches en protéines, et ils accentuent l’oxydation des graisses. Lorsqu’il est combiné avec une consommation réduite de glucides, un régime riche en lipide génère d’avantage d‘acides gras sous forme libre. Ceci a pour conséquence d’augmenter la gluconeogénèse et le métabolisme des lipides, tous deux des processus gourmands en énergie. Ce qui permet d’augmenter les dépenses caloriques. Des études préliminaires montrent que les régimes pauvres en glucides et riches en lipides conduisent à la diminution des taux d’insuline sérique, quand on compare avec des régimes riches en glucides et pauvres en lipides, ce qui a des avantages pour la gestion du poids à la fois sur le court et le long terme.








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